Histoire curieuse et pittoresque des sorciers, devins, magiciens … (Google Books)

Les anciens peuples occidentaux comme les orientaux étaient dans la persuasion que les spectres qui apparaissaient étaient lès âmes des morts descendus dans la tombe depuis peu.

La nécromancie est une preuve que ces apparitions pouvaient exister, ou ne telle était l’opinion des peuples.

Lucain , ans sa Phar8ale, introduit Pompée qui con3ulte une inagicienne et lui commande d’évoquer l’âme d’un mort pour en 3p rendre ce qui lui doit arriver.

e poète fait dire à cette femme : «Magicienne, obéis à mes n charmes, car je n’évoque pas une âme qui soit deuuis longtemps

n dans le noir Tartare, mais une âme qui depuis en y est descen» due , et qui se trouve encore aux portes de l’en er. »

Cette magicienne promit, pour récompense, au mort qu’elle avait évoqué, de rûler son corps de façon que jamais personne ne puisse t’inquiéter dans la suite par ses exorcismes.

Lîon ne connaissait point de moyens plus propres à faire cesser les apparitions, que de couper la tête au mort, de l’empaler et de lui percer le corps avec un pieu ou de le brûler , comme il se prati—

ait encore il y a peu , si cela n’a lieu même aujourd’hui dans la

rèce , la Hongrie, la Moravie. , Bä Les anciens Grecs qui avaient tiré leur religion et leur théologie des Egyptiens et des Orientaux , et les Latins qui avaient tiré à leur tour des Grecs leur religion et leur théologie, étaient tous dans la ferme pemùasion que les âmes des morts apparaissaient quelquefois aux vivants et que les nécromanciens les évoquaient; qu’elles ren— daient des réponses et donnaient aux vivants des avertissements pour l’avenir; qu’Apollon rendait des oracles; e la prêtresse remplie de son esprit et transportée de l’enthousmsme sacré, annonçait sûrement des choses futures.

Homère, le plus ancien des écrivains grecs et leur plus grand théologien, rapporte plusieurs apparitions tant des dieux que des hommes et des héros après leur mort. Dans 1’ Odyssée , il représente Ulysse qui va consulter le devin Tirésias, et ce devin ayant préparé une fosse pleine de sang pour évoquer les mànes, Ulysse tire son é ée pour empêcher les âmes de venir boire ce sang, dont elles êlhient fort altérées, et dont on ne Voulait pas qu’elles goûtassent avant que d’avoir répondu à ce qu’on demandait d’elles.

Les Grecs croyaient aussi que les âmes n’étaient point en repos et qu’elles rôdaient autour de leurs cadavres, tandis qu’ils n’étaient point inhumés.

On citerait mille passages tirés des poètes et auteurs grecs, à l’ap ni du sentiment des apparitions.

P Marque dont on connaît la sagesse et l’austérité, parle souvent d’apparitions. Il dit, par exemple , que dans la fameuse bataille de Marathon contre les Perses , plusieurs soldats virent le fantôme de Thésée qui combattait pour les Grecs contre les ennemis.

Nous ne finirions pas si nous voulions rapporter toutes les autorités qui militent en faveur des apparitions. Cicéron est du nom— bre, ainsi que Pline et Lucien. En un mot , les histoires d’appariions sont innombrables.

Bossuet rapporte, dans l’omison funèbre de la princesse palatine, deux visions qui détermineront toute la conduite de ses dernières années. Il dit que cette princesse, après avoir prêté cent mille francs à la reine de Pologne, sa sœur, vendu le duché de Rhételms un million, marié avantageusement ses filles, étant heureuse selon le monde , mais doutant des vérités de la religion catholique, fut rap— pelée à la conviction et à l’amour des vérités religieuses par deux vrswns.

La première fut un rêve, dans lequel un aveugle—né lui dit qu’il n’avait aucune idée de la lumière, et qu’il fallait en croire les autres sur ce qu’on ne pouvait concevoir.

La seconde fut un violent ébranlement des méninges et des fibres du cerveau dans un accès de fièvre. Elle vit une poule qui courait après un de ses poussins qu’un chien tenait dans sa gueule. La princesse palatine arrache le petit poulet au chien. Une voix lui crie . Rendez—lui ce poulet; si vous le privez de son manger, il fera mauvaise garde. —- Non, s’écria la princesse, je ne le rendrai jamais. Ce poulet était l’âme d’Anne de Gonzague, princesse palatine, la poule était l’Église ,— le chien était le diable. Anne de Gonzague, qui ne devait jamais rendre le poulet au chien, étaitla grâce efficace.

Telle est la force du sentiment des apparitions, que les plus grands esprits y ont cru. Bossuet n’est pas une petite autorité.

Notons, avant de passerà d’autres exemples sur le sujet, que de même que l’on a cru à l’apparition des bons et des mauvais esprits, on a cru à la nature de différentes sortes d’apparitions , ainsi que nous l’avons distingué en rappelant les apparitions vocales , intellec— tuelles et sensibles.

Ce qui suit confirmera notre pensée

1

Discours epouvantable d’une étrange apparition de démons en la maison d’un gentilhomme en Silésie, en 1609.

«Un gentilhomme de Silésie ayant convié quelques amis, et l’heure du festin étant venue, se voyant frustré par l’excuse des conviés, entre en grande colère, et commence à dire que puisque nul homme ne daignait être chez lui, que tous les diables y vinssent! Cela dit, il sort de sa maison et entre à l’église où le curé prêchait, lequel il écoute attentivement.

» Comme il était là, voici entrer en la cour du logis des hommes à cheval, de haute stature et tout noirs, qui œmmandèrent aux va— lets du gentilhomme d’aller dire à leur maître, que les conviés étaient venus. Un des valets court à l’église avertir son maître, qui bien étonné demande avis au curé. Icelui, finissant son sermon, conseille qu’on fasse sortir toute la famille hors du logis.

» Aussitôt dit, aussitôt fait; mais de hâte que les gens eurent de déloger, ils laissèrent dans la maison un petit enfant dormant au berceau. Ces hôtes, ou, pour mieux dire, ces diables commencèrent bientôt à remuer les tables, à hurler, à regarder par les fenêtres en forme d’ours, de loups, de chats, d’hommes terribles, tenant à

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la main ou dans lems pattes des verres pleins de vin, des poissons, de la chair bouillie ou rôtie.

» Comme les voisins, le gentilhomme, le curé et autres, contem— plaient avec frayeur un tel spectacle, le pauvre père se mit à crier : « Hélas! où est mon pauvre enfant?» Il avait encore le dernier mot à la bouche, quand un de ces hommes noirs apporta l’enfant aux fenêtres, et le montra à tous ceux qui étaient dans la rue. Le gentilhomme demanda à un de ses serviteurs auquel il se fiait le mieux : « Mon ami, que ferai-je? — Monsieur, répond le serviteur, je recommanderai ma vie à Dieu; après quoi j’entrerai dans la maison, d’où, moyennant son secours, je vous rapporterai l’enfant. » A la bonne heure, dit le maître, Dieu t’accompagne, t’assiste et te fortifie! .

» Le serviteur, ayant reçu la bénédiction de son maître, du curé et des autres gens de bien, entra au logis, et, approchant du poêle où étaient ces hôtes ténébreux, se prosterne à genoux, se recommande à Dieu et ouvre la porte. Voilà les diables en horribles formes, les uns assis, les autres debout, aucuns se promenant, autres rem—

ant sur le plancher, qui tous accourent contre lui, criant ensem

le : « Hui! hui! que viens-tu faire céans?» Le serviteur, suant de détresse et néanmoins fortifié de Dieu, s’adresse au malin qui tenait l’enfant et lui dit: « Ça, baille—moi cet enfant. —— Non, répond l’autre, il est mien; va dire à ton maître qu’il vienne le recevoir. Le serviteur insiste, et dit. « Je fais la charge que Dieu m’a commandée, et sais ne tout ce que je fais selon icelle lui est agréable; partant à l’égar de mon office, en vertu de Jésus—Christ, je t’arrache et saisis cet enfant, lequel je rapporte à son père. »

» Ce disant, il empoi ne l’enfant, puis le serre entre ses bras; les hôtes noirs ne répon eut que par des cris effroyables et par ces mots: «Hui! hui! méchant; hui! gamement! laisse, laisse cet enfant, autrement nous te dépiècerons. » Mais lui , méprisant ces menaces , sortit sain et sauf, et rendit l’enfant au gentilhomme, son père ; et quelques jours après tous ces hommes s’évanouircnt, et le gentilhomme, devenu sage et bon chrétien , retourna en sa maison.

chrand feu, tonnerre et foudre du ciel, advenu sur l‘église cathédrale de

uimpercorenlin, avec la vision publique d‘un très épouvantable démon dans le feu sur ladite église. ‘

The ancient Western peoples, like the Orientals, were persuaded that the ghosts that appeared were the souls of the dead who had recently descended into the tomb.

Necromancy is a proof that these apparitions could exist, or such was the opinion of the peoples.

Lucain, in his Phar8ale, introduces Pompey, who conceives an Inagician woman, and commands her to evoke the soul of a dead man in order to render what must happen to him.

The poet makes this woman say: “Magician, obey my n charms, for I do not evoke a soul that has been for a long time

in the darkness of Tartarus, but a soul which has since descended from it, and which is still at the gates of heaven. ”

This magician promised, as a reward, to the dead woman she had evoked, to burn her body so that no one could ever worry about her exorcism.

No one knew of any better means of putting an end to the apparitions than of cutting off the head of the dead, impaling it, piercing it with a stake, or burning it, as it is practiced.

again, if it does not happen even today in the

Hungary, Moravia. The ancient Greeks who had derived their religion and theology from the Egyptians and the Orientals, and the Latins who had in turn derived from the Greeks their religion and theology, were all in the stronghold that the souls of the dead sometimes appeared to alive and necromancers evoked them; that they gave answers and gave the living warnings for the future; that Apollo rendered oracles; The priestess, filled with her spirit and transported with sacred enthusiasm, surely announced future things.

Homer, the oldest of the Greek writers and their greatest theologian, reports several appearances of both gods and men and heroes after their death. In the Odyssey, he represents Ulysses, who is going to consult the diviner Tiresias, and this diviner having prepared a pit full of blood to evoke men, Ulysses draws his soul to prevent the souls from coming to drink this blood, of which they are very much altered. and we did not want them to taste before answering what was asked of them.

The Greeks also believed that the souls were not at rest, and that they roamed about their corpses, while they were not buried.

One would cite a thousand passages from Greek poets and writers, at the end of the feeling of apparitions.

P Mark, whose wisdom and austerity we know, often speaks of apparitions. He says, for example, that in the famous battle of Marathon against the Persians, several soldiers saw the ghost of Theseus who fought for the Greeks against the enemies.

We would not finish if we wanted to report all the authorities that advocate for appearances. Cicero is of number, as well as Pliny and Lucien. In a word, the stories of pairings are innumerable.

Bossuet reports, in the funeral omission of the princess palatine, two visions which will determine all the conduct of her last years. He says that this princess, after having lent a hundred thousand francs to the queen of Poland, her sister, sold the duchy of Rhételms a million, married advantageously her daughters, being happy according to the world, but doubting the truths of the catholic religion, was reminded of the conviction and love of religious truths by two vrswns.

The first was a dream, in which a blind man told him that he had no idea of ​​the light, and that one must believe others on what could not be conceived.

The second was a violent shaking of the meninges and fibers of the brain in an attack of fever. She saw a chicken running after one of her chicks that a dog held in her mouth. The palatal princess pulls the little chicken from the dog. A voice screams at him. Give him that chicken; if you deprive him of his eating, he will be a bad guard. “No,” cried the princess, “I will never return it. This chicken was the soul of Anne de Gonzague, princess palatine, the hen was the Church, – the dog was the devil. Anne de Gonzague, who was never to return the chicken to the dog, was an effective grace.

Such is the force of the feeling of apparitions that the greatest minds have believed. Bossuet is not a small authority.

Let us note, before passing on to other examples on the subject, that just as we have believed in the appearance of good and evil spirits, we have believed in the nature of different kinds of apparitions, as we We distinguished by recalling vocal, intellectual, and sensitive apparitions.

The following will confirm our thinking

1

Dreadful speech of a strange apparition of demons in the house of a gentleman in Silesia, in 1609.

“A gentleman from Silesia having invited some friends, and the hour of the feast having come, being frustrated by the excuse of the guests, enters into great anger, and begins to say that since no man deigned to be at home, that all the devils are coming! That said, he leaves his house and enters the church where the priest preached, which he listens attentively.

As he was there, behold, to enter the courtyard of the men on horseback, of tall stature and all black, who called upon the gentleman’s vaults to go and tell their master, that the guests had come. One of the valets runs to the church to warn his master, who is astonished to ask the parish priest’s advice. Icelui, finishing his sermon, advises that the whole family be taken out of the house.

” No sooner said than done; but in haste that the people had to dislodge, they left in the house a small child sleeping in the cradle. These hosts, or, to put it better, these devils, began to stir the tables, to howl, to look out of the windows like bears, wolves, cats, terrible men,

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hand or in the legs glasses full of wine, fish, boiled or roasted flesh.

As the neighbors, the gentleman, the priest, and others, fearfully contemplated such a spectacle, the poor father began to shout: “Alas! where is my poor child? “He still had the last word in his mouth, when one of these black men brought the child to the windows, and showed it to all who were in the street. The gentleman asked one of his servants whom he trusted best: “My friend, what shall I do? “Sir,” replied the servant, “I will recommend my life to God; after which I will enter the house, from which, with his help, I will bring you the child. “At the right time,” said the master, “God accompanies you, assists you, and strengthens you! .

The servant, having received the blessing of his master, of the cure, and of the other good people, entered the house, and, approaching the stove where these dark hosts were, prostrated himself on his knees, recommended himself to God, and opened the door. Here are the devils in horrible forms, some sitting, others standing, no strolling, others waiting.

on the floor, all running up against him, shouting together

the: “Hui! hui! What do you come to do? “The servant, sweating with distress and yet fortified by God, addresses the wicked man who is holding the child and says to him:” That, give me this child. “No,” replied the other, “he is mine; go tell your master that he comes to receive him. The servant insists, and says. “I do the charge that God has commanded me, and know all that I do according to it is agreeable to him; Departing from my office, by virtue of Jesus Christ, I tear you away and seize this child, whom I bring back to his father. ”

So saying, he does not poison the child, then squeezes him in his arms; the black guests answered only with frightful cries and with these words: “Hui! hui! mean; hui! gamement! leave, leave this child, otherwise we will depilate you. But he, despising these threats, went out safe and sound, and returned the child to the gentleman, his father; and a few days after all these men vanished, and the gentleman, become wise and good Christian, returned to his house.

chrand fire, thunder and lightning of the sky, happened on the cathedral church of

uimpercorenlin, with the public vision of a very dreadful demon in the fire on said church. ‘

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