Villains in heaven

Like I said about Zatanna being in hell’s that even if she’s a likable, nice superheroine in hell but if she does things that go against the Bible and the like she’s going to hell anyways. No amount of charisma would spare her from going there, be it a supernatural hell or a self-imposed one. You could be the most grandiose, confident character and still suffer from terrible anger issues.

Again that’s still proving my point that charisma’s not enough to spare people from either going to hell or their own vices. This leads to the logical counterpart: is it possible to go to Heaven without being this likable? Look no further than Jeffrey Dahmer, a notorious murderer who did accept God and cleaned up his act before he died. If one were to do something similar to let’s say Copperhead, that’s proving the point right.

You could be the least charismatic person on the block but if you do right you’re able to spare yourself from going to hell or your own hell. God’s not above using odd characters. A male model could become a theologian. Donald Trump has his own vices but he’s the president. He’s not even above using a killer to punish John Lennon for blasphemy.

He’s even doing better than him now. If Copperhead does go to Heaven, he’s been given second chances and likelier he even cleaned up his act before the fact so there’s that.

The use of accessibility

If I’m not mistaken, there was a time when people did publish official Christian Archie Comics. I think that’s a generous way of reaching out people through things they like and are familiar with. I suppose if you were to tell stories of superheroes in hell, it would be more convincing than if it were a nobody.

If because it’s so close to them that it’s frightening. It’s like how somebody said that Selena Quintanilla is in hell for some of the stuff she did. She’s a likable enough character to warrant a following but alas no amount of charisma will spare her from hell, mystical or personal. Even some celebrities may recognise this.

You could be the most grandiose and charismatic character but still have serious anger problems when nobody’s looking. You be cheery and confident on the outside but still indulge in bad behaviours, your own personal hell. Well that’s something some Christians are aware of.

If Zatanna goes to hell, even if she’s a heroine in life if she hasn’t received God and cleaned up her act she won’t escape hell whatever that means.

Zatanna in Hell

I still think it bears repeating that when it comes to superheroes in hell for good despite being likable, law-abiding or well-adjusted characters their charisma isn’t enough to spare them from hell upon death. Or sometimes charisma’s not enough to escape their own personal hell. Judy Garland’s a likable entertainer but she was also a drug addict who also got violent.

Again no amount of charisma would spare people from hell, be it the mystical hell or their own self-imposed prisons (serious anger problems for grandiose narcissists and the like). Conversely speaking, even losers and murderers can go to Heaven if they admit Christ or something similar. You needn’t to be likable to go to Heaven for as long as you do it right.

Whatever that means but it’s something that others knew well.

She’s in hell

It’s not necessarily wrong to like let’s say David Bowie or Selena Quintanilla, if you like them then power to you. But if you believe the likes of Angelica Zambrano Mora and Dante Alighieri, no amount of charisma would spare a celebrity from hell unless if they change or whatever that means. Assuming if the superheroine Zatana went to hell, it would have the same effect.

She’s a character people like a lot enough to warrant her own magazine and appearances in other magazines. But if Barry Allen were to see her in hell, it’s going to be reminiscent of those visions. I also think Dante Alighieri would’ve been in the same league as Zambrano today. Especially when it comes to having visions of beloved ones in hell.

(He could even be Pentecostal.)

If writers had the guts to depict beloved superheroes in hell, it would be similar to those visions and just as damning.

Histoire curieuse et pittoresque des sorciers, devins, magiciens … (Google Books)

Les anciens peuples occidentaux comme les orientaux étaient dans la persuasion que les spectres qui apparaissaient étaient lès âmes des morts descendus dans la tombe depuis peu.

La nécromancie est une preuve que ces apparitions pouvaient exister, ou ne telle était l’opinion des peuples.

Lucain , ans sa Phar8ale, introduit Pompée qui con3ulte une inagicienne et lui commande d’évoquer l’âme d’un mort pour en 3p rendre ce qui lui doit arriver.

e poète fait dire à cette femme : «Magicienne, obéis à mes n charmes, car je n’évoque pas une âme qui soit deuuis longtemps

n dans le noir Tartare, mais une âme qui depuis en y est descen» due , et qui se trouve encore aux portes de l’en er. »

Cette magicienne promit, pour récompense, au mort qu’elle avait évoqué, de rûler son corps de façon que jamais personne ne puisse t’inquiéter dans la suite par ses exorcismes.

Lîon ne connaissait point de moyens plus propres à faire cesser les apparitions, que de couper la tête au mort, de l’empaler et de lui percer le corps avec un pieu ou de le brûler , comme il se prati—

ait encore il y a peu , si cela n’a lieu même aujourd’hui dans la

rèce , la Hongrie, la Moravie. , Bä Les anciens Grecs qui avaient tiré leur religion et leur théologie des Egyptiens et des Orientaux , et les Latins qui avaient tiré à leur tour des Grecs leur religion et leur théologie, étaient tous dans la ferme pemùasion que les âmes des morts apparaissaient quelquefois aux vivants et que les nécromanciens les évoquaient; qu’elles ren— daient des réponses et donnaient aux vivants des avertissements pour l’avenir; qu’Apollon rendait des oracles; e la prêtresse remplie de son esprit et transportée de l’enthousmsme sacré, annonçait sûrement des choses futures.

Homère, le plus ancien des écrivains grecs et leur plus grand théologien, rapporte plusieurs apparitions tant des dieux que des hommes et des héros après leur mort. Dans 1’ Odyssée , il représente Ulysse qui va consulter le devin Tirésias, et ce devin ayant préparé une fosse pleine de sang pour évoquer les mànes, Ulysse tire son é ée pour empêcher les âmes de venir boire ce sang, dont elles êlhient fort altérées, et dont on ne Voulait pas qu’elles goûtassent avant que d’avoir répondu à ce qu’on demandait d’elles.

Les Grecs croyaient aussi que les âmes n’étaient point en repos et qu’elles rôdaient autour de leurs cadavres, tandis qu’ils n’étaient point inhumés.

On citerait mille passages tirés des poètes et auteurs grecs, à l’ap ni du sentiment des apparitions.

P Marque dont on connaît la sagesse et l’austérité, parle souvent d’apparitions. Il dit, par exemple , que dans la fameuse bataille de Marathon contre les Perses , plusieurs soldats virent le fantôme de Thésée qui combattait pour les Grecs contre les ennemis.

Nous ne finirions pas si nous voulions rapporter toutes les autorités qui militent en faveur des apparitions. Cicéron est du nom— bre, ainsi que Pline et Lucien. En un mot , les histoires d’appariions sont innombrables.

Bossuet rapporte, dans l’omison funèbre de la princesse palatine, deux visions qui détermineront toute la conduite de ses dernières années. Il dit que cette princesse, après avoir prêté cent mille francs à la reine de Pologne, sa sœur, vendu le duché de Rhételms un million, marié avantageusement ses filles, étant heureuse selon le monde , mais doutant des vérités de la religion catholique, fut rap— pelée à la conviction et à l’amour des vérités religieuses par deux vrswns.

La première fut un rêve, dans lequel un aveugle—né lui dit qu’il n’avait aucune idée de la lumière, et qu’il fallait en croire les autres sur ce qu’on ne pouvait concevoir.

La seconde fut un violent ébranlement des méninges et des fibres du cerveau dans un accès de fièvre. Elle vit une poule qui courait après un de ses poussins qu’un chien tenait dans sa gueule. La princesse palatine arrache le petit poulet au chien. Une voix lui crie . Rendez—lui ce poulet; si vous le privez de son manger, il fera mauvaise garde. —- Non, s’écria la princesse, je ne le rendrai jamais. Ce poulet était l’âme d’Anne de Gonzague, princesse palatine, la poule était l’Église ,— le chien était le diable. Anne de Gonzague, qui ne devait jamais rendre le poulet au chien, étaitla grâce efficace.

Telle est la force du sentiment des apparitions, que les plus grands esprits y ont cru. Bossuet n’est pas une petite autorité.

Notons, avant de passerà d’autres exemples sur le sujet, que de même que l’on a cru à l’apparition des bons et des mauvais esprits, on a cru à la nature de différentes sortes d’apparitions , ainsi que nous l’avons distingué en rappelant les apparitions vocales , intellec— tuelles et sensibles.

Ce qui suit confirmera notre pensée

1

Discours epouvantable d’une étrange apparition de démons en la maison d’un gentilhomme en Silésie, en 1609.

«Un gentilhomme de Silésie ayant convié quelques amis, et l’heure du festin étant venue, se voyant frustré par l’excuse des conviés, entre en grande colère, et commence à dire que puisque nul homme ne daignait être chez lui, que tous les diables y vinssent! Cela dit, il sort de sa maison et entre à l’église où le curé prêchait, lequel il écoute attentivement.

» Comme il était là, voici entrer en la cour du logis des hommes à cheval, de haute stature et tout noirs, qui œmmandèrent aux va— lets du gentilhomme d’aller dire à leur maître, que les conviés étaient venus. Un des valets court à l’église avertir son maître, qui bien étonné demande avis au curé. Icelui, finissant son sermon, conseille qu’on fasse sortir toute la famille hors du logis.

» Aussitôt dit, aussitôt fait; mais de hâte que les gens eurent de déloger, ils laissèrent dans la maison un petit enfant dormant au berceau. Ces hôtes, ou, pour mieux dire, ces diables commencèrent bientôt à remuer les tables, à hurler, à regarder par les fenêtres en forme d’ours, de loups, de chats, d’hommes terribles, tenant à

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la main ou dans lems pattes des verres pleins de vin, des poissons, de la chair bouillie ou rôtie.

» Comme les voisins, le gentilhomme, le curé et autres, contem— plaient avec frayeur un tel spectacle, le pauvre père se mit à crier : « Hélas! où est mon pauvre enfant?» Il avait encore le dernier mot à la bouche, quand un de ces hommes noirs apporta l’enfant aux fenêtres, et le montra à tous ceux qui étaient dans la rue. Le gentilhomme demanda à un de ses serviteurs auquel il se fiait le mieux : « Mon ami, que ferai-je? — Monsieur, répond le serviteur, je recommanderai ma vie à Dieu; après quoi j’entrerai dans la maison, d’où, moyennant son secours, je vous rapporterai l’enfant. » A la bonne heure, dit le maître, Dieu t’accompagne, t’assiste et te fortifie! .

» Le serviteur, ayant reçu la bénédiction de son maître, du curé et des autres gens de bien, entra au logis, et, approchant du poêle où étaient ces hôtes ténébreux, se prosterne à genoux, se recommande à Dieu et ouvre la porte. Voilà les diables en horribles formes, les uns assis, les autres debout, aucuns se promenant, autres rem—

ant sur le plancher, qui tous accourent contre lui, criant ensem

le : « Hui! hui! que viens-tu faire céans?» Le serviteur, suant de détresse et néanmoins fortifié de Dieu, s’adresse au malin qui tenait l’enfant et lui dit: « Ça, baille—moi cet enfant. —— Non, répond l’autre, il est mien; va dire à ton maître qu’il vienne le recevoir. Le serviteur insiste, et dit. « Je fais la charge que Dieu m’a commandée, et sais ne tout ce que je fais selon icelle lui est agréable; partant à l’égar de mon office, en vertu de Jésus—Christ, je t’arrache et saisis cet enfant, lequel je rapporte à son père. »

» Ce disant, il empoi ne l’enfant, puis le serre entre ses bras; les hôtes noirs ne répon eut que par des cris effroyables et par ces mots: «Hui! hui! méchant; hui! gamement! laisse, laisse cet enfant, autrement nous te dépiècerons. » Mais lui , méprisant ces menaces , sortit sain et sauf, et rendit l’enfant au gentilhomme, son père ; et quelques jours après tous ces hommes s’évanouircnt, et le gentilhomme, devenu sage et bon chrétien , retourna en sa maison.

chrand feu, tonnerre et foudre du ciel, advenu sur l‘église cathédrale de

uimpercorenlin, avec la vision publique d‘un très épouvantable démon dans le feu sur ladite église. ‘

The ancient Western peoples, like the Orientals, were persuaded that the ghosts that appeared were the souls of the dead who had recently descended into the tomb.

Necromancy is a proof that these apparitions could exist, or such was the opinion of the peoples.

Lucain, in his Phar8ale, introduces Pompey, who conceives an Inagician woman, and commands her to evoke the soul of a dead man in order to render what must happen to him.

The poet makes this woman say: “Magician, obey my n charms, for I do not evoke a soul that has been for a long time

in the darkness of Tartarus, but a soul which has since descended from it, and which is still at the gates of heaven. ”

This magician promised, as a reward, to the dead woman she had evoked, to burn her body so that no one could ever worry about her exorcism.

No one knew of any better means of putting an end to the apparitions than of cutting off the head of the dead, impaling it, piercing it with a stake, or burning it, as it is practiced.

again, if it does not happen even today in the

Hungary, Moravia. The ancient Greeks who had derived their religion and theology from the Egyptians and the Orientals, and the Latins who had in turn derived from the Greeks their religion and theology, were all in the stronghold that the souls of the dead sometimes appeared to alive and necromancers evoked them; that they gave answers and gave the living warnings for the future; that Apollo rendered oracles; The priestess, filled with her spirit and transported with sacred enthusiasm, surely announced future things.

Homer, the oldest of the Greek writers and their greatest theologian, reports several appearances of both gods and men and heroes after their death. In the Odyssey, he represents Ulysses, who is going to consult the diviner Tiresias, and this diviner having prepared a pit full of blood to evoke men, Ulysses draws his soul to prevent the souls from coming to drink this blood, of which they are very much altered. and we did not want them to taste before answering what was asked of them.

The Greeks also believed that the souls were not at rest, and that they roamed about their corpses, while they were not buried.

One would cite a thousand passages from Greek poets and writers, at the end of the feeling of apparitions.

P Mark, whose wisdom and austerity we know, often speaks of apparitions. He says, for example, that in the famous battle of Marathon against the Persians, several soldiers saw the ghost of Theseus who fought for the Greeks against the enemies.

We would not finish if we wanted to report all the authorities that advocate for appearances. Cicero is of number, as well as Pliny and Lucien. In a word, the stories of pairings are innumerable.

Bossuet reports, in the funeral omission of the princess palatine, two visions which will determine all the conduct of her last years. He says that this princess, after having lent a hundred thousand francs to the queen of Poland, her sister, sold the duchy of Rhételms a million, married advantageously her daughters, being happy according to the world, but doubting the truths of the catholic religion, was reminded of the conviction and love of religious truths by two vrswns.

The first was a dream, in which a blind man told him that he had no idea of ​​the light, and that one must believe others on what could not be conceived.

The second was a violent shaking of the meninges and fibers of the brain in an attack of fever. She saw a chicken running after one of her chicks that a dog held in her mouth. The palatal princess pulls the little chicken from the dog. A voice screams at him. Give him that chicken; if you deprive him of his eating, he will be a bad guard. “No,” cried the princess, “I will never return it. This chicken was the soul of Anne de Gonzague, princess palatine, the hen was the Church, – the dog was the devil. Anne de Gonzague, who was never to return the chicken to the dog, was an effective grace.

Such is the force of the feeling of apparitions that the greatest minds have believed. Bossuet is not a small authority.

Let us note, before passing on to other examples on the subject, that just as we have believed in the appearance of good and evil spirits, we have believed in the nature of different kinds of apparitions, as we We distinguished by recalling vocal, intellectual, and sensitive apparitions.

The following will confirm our thinking

1

Dreadful speech of a strange apparition of demons in the house of a gentleman in Silesia, in 1609.

“A gentleman from Silesia having invited some friends, and the hour of the feast having come, being frustrated by the excuse of the guests, enters into great anger, and begins to say that since no man deigned to be at home, that all the devils are coming! That said, he leaves his house and enters the church where the priest preached, which he listens attentively.

As he was there, behold, to enter the courtyard of the men on horseback, of tall stature and all black, who called upon the gentleman’s vaults to go and tell their master, that the guests had come. One of the valets runs to the church to warn his master, who is astonished to ask the parish priest’s advice. Icelui, finishing his sermon, advises that the whole family be taken out of the house.

” No sooner said than done; but in haste that the people had to dislodge, they left in the house a small child sleeping in the cradle. These hosts, or, to put it better, these devils, began to stir the tables, to howl, to look out of the windows like bears, wolves, cats, terrible men,

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hand or in the legs glasses full of wine, fish, boiled or roasted flesh.

As the neighbors, the gentleman, the priest, and others, fearfully contemplated such a spectacle, the poor father began to shout: “Alas! where is my poor child? “He still had the last word in his mouth, when one of these black men brought the child to the windows, and showed it to all who were in the street. The gentleman asked one of his servants whom he trusted best: “My friend, what shall I do? “Sir,” replied the servant, “I will recommend my life to God; after which I will enter the house, from which, with his help, I will bring you the child. “At the right time,” said the master, “God accompanies you, assists you, and strengthens you! .

The servant, having received the blessing of his master, of the cure, and of the other good people, entered the house, and, approaching the stove where these dark hosts were, prostrated himself on his knees, recommended himself to God, and opened the door. Here are the devils in horrible forms, some sitting, others standing, no strolling, others waiting.

on the floor, all running up against him, shouting together

the: “Hui! hui! What do you come to do? “The servant, sweating with distress and yet fortified by God, addresses the wicked man who is holding the child and says to him:” That, give me this child. “No,” replied the other, “he is mine; go tell your master that he comes to receive him. The servant insists, and says. “I do the charge that God has commanded me, and know all that I do according to it is agreeable to him; Departing from my office, by virtue of Jesus Christ, I tear you away and seize this child, whom I bring back to his father. ”

So saying, he does not poison the child, then squeezes him in his arms; the black guests answered only with frightful cries and with these words: “Hui! hui! mean; hui! gamement! leave, leave this child, otherwise we will depilate you. But he, despising these threats, went out safe and sound, and returned the child to the gentleman, his father; and a few days after all these men vanished, and the gentleman, become wise and good Christian, returned to his house.

chrand fire, thunder and lightning of the sky, happened on the cathedral church of

uimpercorenlin, with the public vision of a very dreadful demon in the fire on said church. ‘

Le chateau périlleux; Histoire de la démonologie et de la sorcellerie (Google Books)

De tels accidens, dit Isobel, n’étaient pas très-rares; les sorcières étaient quelquefois mordues par les chiens, et elles conservaient les marques de leurs morsures, après avoir repris la forme humaine. Mais aucune n’avait perdu la vie en pareille occasion.

Le cérémonial des assemblées du sabbat était strict. Le diable était très-rigide à exiger la plus minutieuse attention de ses sujets, qui ne lui adressaient la parole qu’en lui donmant le titre de seigneur. Quelquefois pourtant les sorcières, en chuchotant entre elles, parlaient avec irrévérence de leur souverain, en l’appelant John-le-Noir. Alors le diable tombait sur elles comme un maître d’école qui surprend ses élèves en flagrant délit, et les battait sans pitié, en s’écriant : « Je sais fort bien ce que vous dites de moi. » On pouvait voir alors la différence de caractère des sujets sur lesquels il régnait. Alexandre Elder d’Earlseat éprouvait souvent le mécontentement de son seigneur, parce qu’il négligeait son devoir; et comme il était faible et simple, il ne savait jamais

se défendre que par des larmes, des cris, et des prières, pour obtenir pardon. Mais quelques-unes des femmes, suivant les aveux d’Isobel Gowdie, montraient davantage l’esprit qui animait la vieille dame de Kellyburne Braes. Marguerite Wilson, d’Auldearne, « se défendait bravement, » et employait ses mains pour protéger sa tête, à la vieille manière écossaise. Bessie Wilson savait aussi donner de bons coups de langue, et elle tenait vigoureusement tête au diable. Le principal recours des autres était de crier merçi ! compassion ! tandis que Satan continuait à les battre avec des cardes à laine et d’autres instrumens semblables, sans avoir égard à leurs prières et à leurs plaintes. Il y avait des diables et des lutins subalternes qui servaient les sorcières ; on les reconnaissait à la couleur de leur livrée, qui était brun sombre ou jaune, vert d’herbe ou vert d’eau. On apprenait aux sor, cières à donner à ces esprits des noms dont quelques-uns pouvaient appartenir à l’humanité, tandis que les autres avaient quelque chose de diabolique. C’étaient Robert-leJokey , Saunders-le-Brigand-Roux , Thomas-le-Craintif, Swein, probablement un ancien Duerg scandinave, le LionRugissant, le Bandit-d’Enfer, le Sept-soi-même, Mackeeler, Robert-the-Rule, Hendric-Craiq , et Rorie. Ces moms, assez bizarres et étrangers, sont du moins mieux imaginés que ceux’qu’Hopkins inventait pour les diables qu’il découvrait, comme Pyewacket, Peck-in-the-Crown, Sack-andSugar, Nem, Tom-Vinaigre, et Grizelle-la-Gourmande, épithètes dont la grossièreté vulgaire prouve quelle était la platitude de son imagination pour soutenir ses fictions impudentes. Le diable, qui présidait à cette réunion de beautés, aimant à contrefaire les formes de l’Eglise chrétienne, avait coutume de rebaptiser les sorcières avec leur propre sang, et en son nom. L’intrépide Marguerite Wilson, qui ne voulait pas recevoir un coup, même de Satan, sans le rendre, fut appelée Pickle-sur-le-Vent ; sa commère Bessie Wilson, Renverse-la-Grange; Elspet Nishe, Bessie-la-Chauve; Bessie Hay, Forte-et-Capable; et Jane Marten, la fille de la covine, Par-dessus-la-Muraille.

Isobel s’accusa, et accusa ses consœurs, comme nous l’avons déjà dit, d’avoir causé la mort de plusieurs individus, en leur lançant des flèches enchantées, parce qu’ils avaient oublié de faire le signe de la croix tandis que les sorcières passaient sur leur tête dans les airs. Elle eut elle-même la témérité d’en décocher une contre le laird de Parck, tandis qu’il traversait un gué; mais elle le manqua, peut-être à cause de l’influence de l’eau courante, ce dont elle remercie Dieu dans ses aveux; et elle ajoute qu’en ce moment Bessie Hay lui donna un grand coup de poing pour la punir de sa maladresse. Elles condamnèrent les enfans mâles du laird de Parck, —qui était, je présume, de la famille bien connue de Gordon de Parck, — à mourir d’une maladie de langueur, en prononçant les vers suivans, tandis qu’elles jetaient au feu des figures composées de pâte et d’argile, représentant leurs victimes :

« Nous mettons cette eau dans cette farine, pour causer une maladie lente et sans guérison. Nous jetons ces figures dans le feu, pour brûler leurs corps et leurs moissons, pour qu’ils soient consumés, comme nous le voulons, de même que du chaume dans un four. » .

Tels sont les aveux singuliers que fit IsobelGowdie, volontairement, à ce qu’il paraît, et sans aucune espèce de contrainte. Ils sont rendus judiciairement authentiques, par les signatures du notaire, des ministres, et autres personnes présentes ; elle y persista, après que lecture séparée lui eut été faite de chacune de ses réponses aux interrogatoires, et ils ne contiennent ni différences, ni contradictions dans leurs détails. Quelle que pût être la situation de son esprit, sous d’autres rapports, elle semble avoir parfaitement compris quelles pouvaient être les suites dangereuses de ses aveux pour sa propre personne. « Je ne mérite pas, » dit-elle , « d’être assise ici tranquillement et à mon aise ; je devrais plutôt être étendue sur un chevalet de fer pour être torturée, et mes crimes ne peuvent être expiés, quand je serais écartelée par quatre chevaux indomptés. »

On ne peut que supposer que cette malheureuse femme était attaquée de quelque espèce particulière de folie, et un médecin ayant du jugement et de l’expérience, pourrait peut-être le reconnaître en lisant avec attention ses aveux. Ils sont intéressans comme jetant sur les rites et les cérémonies des sorcières d’Ecosse un jour qu’on chercherait inutilement ailleurs. D’autres infortunées furent poussées à s’accuser ellesmêmes, par d’autres moyens que le dérangement d’esprit qui paraît avoir causé les aveux d’Isobel Gowdie. Quelquesunes, comme nous l’avons vu, cherchèrent à échapper à l’accusation de sorcellerie, en admettant qu’elles étaient en commerce avec les fées, excuse qui ne fut jamais reçue comme valable. D’autres furent soumises à ces cruelles tortures, par lesquelles nos ancêtres croyaient pouvoir tirer la vérité des coupables, mais qui beaucoup plus souvent forçaient les innocens à rendre un faux témoignage contre euxmêmes. Le célèbre sir George Mackenzie, « cette noble lumière d’Ecosse, » comme l’appelle Dryden, fait sur ce sujet quelques réflexions fort judicieuses, que nous allons extraire de son ouvrage, attendu qu’elles sont le résultat de l’expérience d’un homme, qui, en sa qualité de lord avocat, eut souvent occasion de conduire des procès pour cause de sorcellerie ; et qui, ne doutant pas de l’existence de ce crime, pensait que, par suite de l’horreur même qu’il inspirait, on devait en exiger les preuves les plus claires et les moins équivoques. Il insiste d’abord sur la grande invraisemblance que le démon, n’ayant point de richesses à donner, et étant évidemment soumis à un pouvoir plus élevé, pût enrôler un si grand nombre de recrues, et sur le peu d’avantage qu’il en retirerait. Mais, en second lieu, dit Mackenzie, † personnes ordinairement accusées de ce crime sont des hommes ignorans, ou des femmes qui ne comprennent pas la nature de cette accusation, et plusieurs prennent leurs craintes et leurs appréhensions pour de la sorcellerie. J’en donnerai deux exemples : le premier, celui d’un pauvre tisserand à qui l’on demanda, quand il se fut avoué sorcier, comment le diable se montrait à lui, et qui répondit, « sous la forme de mouches volant autour de la chandelle. » L’autre est celui d’une femme qui, lorsqu’elle fut accusée d’être sorcière,

Such accidents, says Isobel, were not very rare; the witches were sometimes bitten by the dogs, and they kept the marks of their bites, after having resumed the human form. But none had lost their lives on such occasions.

The ceremony of the Sabbath assemblies was strict. The devil was very rigid in demanding the most minute attention of his subjects, who addressed him only by giving him the title of lord. Sometimes, however, the witches, whispering among themselves, spoke with irreverence to their sovereign, calling him John the Black. Then the devil fell upon them like a schoolmaster who surprised his pupils in flagrante delicto, and beat them without mercy, exclaiming: “I know very well what you say about me. One could see then the difference of character of the subjects on which he reigned. Alexander Elder of Earlseat often felt the discontent of his lord, because he neglected his duty; and since he was weak and simple, he never knew

to defend oneself only by tears, cries, and prayers, to obtain pardon. But some of the women, following Isobel Gowdie’s confession, showed more of the spirit that animated the old lady of Kellyburne Braes. Marguerite Wilson, of Auldearne, “defended herself bravely,” and used her hands to protect her head, in the old Scottish way. Bessie Wilson also knew how to give good licks, and she was vigorously holding on to the devil. The main recourse of the others was to cry thanks! compassion! while Satan continued to beat them with woolen cards and other similar instruments, without regard to their prayers and complaints. There were devils and subaltern goblins who served the witches; they were recognized by the color of their livery, which was dark brown or yellow, grass green or water green. Sisters were taught to give these spirits names, some of which might belong to humanity, while others had something diabolical. They were Robert leJokey, Saunders-le-Brigand-Roux, Thomas-le-Craintif, Swein, probably an old Scandinavian Duerg, the LionRugissant, the Bandit-d’Enfer, the Seven-oneself, Mackeeler, Robert- the-Rule, Hendric-Craiq, and Rorie. These less odd and strange people are at least better imagined than those whom Hopkins invented for the devils he discovered, such as Pyewacket, Peck-in-the-Crown, Sack-and-Sgar, Nem, Tom-Vinegar, and Grizelle-la-Gourmande, epithets whose vulgar coarseness proves what was the flatness of his imagination to support his impudent fictions. The devil, who presided at this meeting of beauties, fond of counterfeiting the forms of the Christian Church, used to rename the witches with their own blood, and in his name. The intrepid Marguerite Wilson, who would not receive a blow, even from Satan, without rendering it, was called Pickle-on-the-Wind; his darling Bessie Wilson, Reversal-the-Barn; Elspet Nishe, Bessie-la-Chauve; Bessie Hay, Forte-et-Capable; and Jane Marten, the daughter of the covine, Over-the-Wall. Flips-la-Grange; Elspet Nishe, Bessie-la-Chauve; Bessie Hay, Forte-et-Capable; and Jane Marten, the daughter of the covine, Over-the-Wall. Flips-la-Grange; Elspet Nishe, Bessie-la-Chauve; Bessie Hay, Forte-et-Capable; and Jane Marten, the daughter of the covine, Over-the-Wall.

Isobel accused himself, and accused his sisters, as we have already said, of having caused the death of several individuals, by throwing them with enchanted arrows, because they had forgotten to make the sign of the cross while the witches passed over their heads in the air. She herself had the temerity to uncheck one against the laird de Parck, while he was crossing a ford; but she missed it, perhaps because of the influence of running water, which she thanked God for in her confession; and she adds that at this moment Bessie Hay gave her a great blow to punish her for her clumsiness. They condemned the male children of the laird de Parck, who was, I presume, of the well-known family of Gordon de Parck, to die of a disease of languor, pronouncing the following verses, while

“We put this water in this flour, to cause a slow disease and no cure. We throw these figures into the fire, to burn their bodies and harvests, to burn them as we wish, as well as stubble in an oven. ».

Such are the singular confessions that Isobel Gowdie made voluntarily, as it seems, and without any kind of constraint. They are judicially authenticated, by the signatures of the notary, ministers, and other persons present; she persisted, after reading separately from each of her answers to the interrogations, and they contain neither differences nor contradictions in their details. Whatever may be the situation of her mind, in other respects she seems to have perfectly understood what might be the dangerous consequences of her confession for herself. “I do not deserve,” she said, “to sit here quietly and at ease; I should rather be stretched on an iron easel to be tortured, and my crimes can not be expiated, when I’m torn apart by four untamed horses. ”

One can only suppose that this unfortunate woman was attacked by some particular kind of madness, and a doctor with judgment and experience might perhaps recognize it by reading his confession with attention. They are interested in throwing on the rites and ceremonies of the witches of Scotland one day that one would seek elsewhere elsewhere. Other unfortunates were forced to accuse themselves by other means than the disturbance of mind which seems to have caused the confession of Isobel Gowdie. Some, as we have seen, sought to escape the accusation of witchcraft,admitting that they were in commerce with the fairies, an excuse which was never accepted as valid. Others were subjected to these cruel tortures, by which our ancestors thought they could draw the truth from the guilty, but which more often forced the innocent to give false witness against themselves. The celebrated Sir George Mackenzie, “that noble light of Scotland,” as Dryden calls it, makes some very judicious reflections on this subject, which we shall extract from his work, since they are the result of the experience of a man who, in his capacity as Lord Advocate, often had occasion to conduct trials because of sorcellar; and who, not doubting the existence of this crime, thought that, in consequence of the very horror he inspired, the clearest and least equivocal proof must be demanded of it. He first insists on the great improbability that the devil, having no wealth to give, and being obviously subject to a higher power, could enlist so many recruits, and on the little advantage that he would withdraw. But, in the second place, says Mackenzie, “persons ordinarily accused of this crime are ignorant men, or women who do not understand the nature of this accusation, and many take their fears and apprehensions for witchcraft.I will give two examples: the first, that of a poor weaver who was asked, when he had confessed to being a wizard, how the devil showed himself to him, and who answered, “in the form of flies flying around candle. The other is that of a woman who, when she was accused of being a witch,

demanda sérieusement si une femme pouvait l’être sans le savoir. Et il est dangereux que les personnes les plus simples de toutes soient mises en jugement pour un crime qui est le plus mystérieux de tous. 3° Ces pauvres créatures, quand elles ont perdu leur bonne renommée, sont tellement saisies de crainte, tellement fatiguées de la détention solitaire qu’elles ont subie, tellement affaiblies faute de nourriture, ce qui suffirait pour déranger la raison la plus forte, que des gens plus sages et plus sensés qu’elles ne le sont pourraient à peine conserver leur bon sens ; et quand on est troublé par la crainte et l’appréhension, on imagine les choses les plus ridicules et les plus absurdes; ce dont il y a eu des exemples. 4” La plupart de ces pauvres créatures sont tourmentées par ceux qui les gardent, et qui, s’imaginant faire une chose agréable à Dieu, croient de leur devoir de vexer et de tourmenter les pauvres prisonniers dont ils sont chargés, comme étant rebelles envers le ciel et ennemis des hommes; et je sais, ex certissimâ scientiâ, que la plupart de ceux qui furent jamais arrêtés, furent tourmentés de cette manière, et telle fut la cause de leurs aveux. D’ailleurs ces pauvres mécréans ne peuvent prouver les tourmens qu’on leur fait souffrir, ceux qui les leur infligent en étant les seuls témoins; mais le juge doit y prendre garde, car c’est la première cause qui leur fait faire des aveux, et la crainte d’y être exposés de nouveau les empêche de les rétracter. » Ce savant auteur cite ensuite un exemple qui prouve que ces malheureuses créatures pouvaient se déterminer à faire des aveux, par l’infamie même dont il couvrait une telle accusation, que rien ne pouvait effacer, et qui les condamnait, pour toute leur vie, à être en butte aux soupçons, et à rester dans un état de misère et de besoin ; situation que quiconque tient à sa réputation échangerait volontiers contre une mort qui n’est l’affaire que de quelques instans, quelque douloureuse qu’elle soit. « Lorsque j’étais juge substitut, j’allai une fois interroger quelques femmes qui avaient fait des aveux judiciaires, et l’une d’elles, créature fort bornée, me dit, sous le secret,

qu’elle n’avait pas avoué parce qu’elle était coupable, mais

parce qu’étant une pauvre femme qui travaillait pour gagner sa vie, elle savait qu’elle mourrait de faim désormais, attendu qu’étant diffamée comme sorcière, personne ne voudrait plus lui donner ni logement ni nourriture, et que par conséquent elle désirait sortir de ce monde ; sur quoi elle pleura amèrement, se mit à genoux, et prit Dieu à témoin de la vérité de ce qu’elle venait de dire : une autre me dit qu’elle craignait que le diable ne prétendît avoir des droits sur elle, après qu’on avait dit qu’elle était à son service ; qu’il ne la hantât, comme le ministre le lui avait dit en l’engageant à faire des aveux, et que c’était pourquoi elle désirait mourir. Et réellement les ministres sont quelquefois indiscrets dans leur zèle pour obtenir des aveux de ces pauvres créatures, et je recommande aux juges de leur envoyer les ministres les plus sages, et à ceux-ci d’être fort circonspects à cet égard (1). » Comme un corollaire à cette histoire touchante, je citerai le cas d’une malheureuse qui était en prison à Lander, avec d’autres femmes accusées de sorcellerie. Ses compagnes d’emprisonnement furent condamnées à mort, et, en faisant des aveux semblables aux leurs, elle s’était elle-même déclarée coupable. Elle envoya donc chercher le ministre de la ville, et demanda à être mise à mort avec les autres, qui devaient être exécutées le lundi suivant. Cependant le ministre, ainsi que plusieurs autres, était fortement persuadé qu’elle avait fait ses aveux, dans l’orgueil de son cœur, pour se faire condamner à mort, et sans qu’ils eussent pour base la vérité. — Nous donnerons le reste de l’histoire dans les propres termes du ministre. , « Les ministres et d’autres personnes se donnèrent donc beaucoup de peine auprès d’elle le samedi, le dimanche et le lundi matin, pour la déterminer à rétracter des aveux qu’on soupçonnait être la suite d’une tentation du démon pour la perte de son corps et de son ame. Les ministres lui représentèrent qu’ils avaient de bonnes raisons pour craindre que ses aveux me fussent pas sincères, et la comjurèrent , au

(1) Mackenzie, Loi criminelle, pag. 45.

mom du Seigneur, de déclarer la vérité, et de ne pas faire retomber son sang sur sa propre tête. Elle persista opiniâtrément dans tout ce qu’elle avait dit, et continua à demander àêtre exécutée avec les autres. C’est pourquoi le lundi matin, ayant été appelée devant les juges, et ayant réitéré ses aveux, elle fut déclaré coupable, et condamnée à être exécutée le même jour.Ayant été conduite sur le lieu de l’exécution, elle garda le silence pendant la première, la seconde et la troisième prière, et voyant alors qu’il n’en restait plus à dire, et qu’elle n’avait plus qu’à monter sur le bûcher, elle se leva, et s’écria à voix haute : « Maintenant, vous tous qui me voyez ici, sachez que je vais mourir comme sorcière d’après mon propre aveu; je n’accuse personne de ma mort, encore moins les ministres et les magistrats; que mon sang retombe sur ma tête ! Mais, comme je dois répondre au Dieu du ciel dans quelques instans, je déclare que je ne suis pas plus coupable de sorcellerie que l’enfant qui vient de naître ; mais, ayant été dénoncée par une méchante femme, mise en prison comme sorcière, désavouée par mon mari et mes parens, ne voyant pas d’espoir de sortir de prison ou de regagner ma réputation, j’ai fait cet aveu, par la tentation du diable, afin de perdre une vie qui m’était à charge, et à laquelle je préfère la mort. » Et ce fut ainsi qu’elle mourut. Cette histoire lamentable étonna tous les spectateurs, dont aucun ne put retenir ses larmes : et ce peut être une preuve de la subtilité de Satan, dont le but est toujours de perdre tous les hommes, les uns en les portant à la présomption 2 les autres en leur inspirant le désespoir. La vérité de toutes ces choses est attestée par un témoin qui les a vues et entendues, qui est encore vivant, et qui est un ministre fidèle de l’Évangile (1). » Il est étrange qu’on ne paraisse pas en avoir tiré la conclusion que, puisqu’une femme, par désespoir, avait renoncé volontairement à la vie, il pouvait en avoir · été de même de plusieurs autres dont les aveux avaient été la principale, sinon la seule preuve de leur crime. Une manière célèbre de reconnaître les sorcières, et de

(1) Sinclair, Découverte du Monde invisible de Satan, pag. 43. (Note de l’Auteur )

les torturer en même temps pour en tirer des aveux, était de leur enfoncer des épingles dans le corps pour découvrir les marques ou stigmates du diable, qu’il imprimait, disait-on, à tous ses vassaux, et qui étaient insensibles à la douleur. Cette espèce d’examen du corps de l’accusé, pratique de l’infâme Hopkins, devint un métier en Ecosse, et le jeune découvreur de sorcières avait le privilége de torturer l’accusé, comme exerçant une profession légale, quoique sir George Mackensie se récrie contre cette coutume, comme étant une horrible imposture. Je remarque, dans le Recueil de M. Pitcairn, que, lors du procès de Jeannette Peaston de Dalkeith, les magistrats et les ministres de cette ville firent venir John Kincaid, de Tranent, piqueur d’office, pour exercer sur elle sa profession. « Il lui trouva deux marques qu’il déclara de la façon du diable; et, dans le fait, elles en avaient bien l’air, car elle ne sentit pas l’épingle quand on la lui enfonça dans lesdites marques, et lorsqu’on les en retira, il n’en sortit pas une goutte de sang. Et quand on lui demanda où elle croyait qu’on lui avait enfoncé les épingles, elle désigna une partie de son corps bien éloignée de la place véritable. Ces épingles avaient trois pouces de longueur. » Indépendemment du fait qu’il se trouve quelquefois dans le corps des vieillards des endroits dépourvus de sensibilité, il y a aussi lieu de croire que les piqueurs de profession se servaient d’une épingle dont la pointe ou l’extrémité inférieure, quand on l’appuyait sur le corps, rentrait dans la partie supérieure où il se trouvait un creux à cet effet, de manière que la partie qui semblait pénétrer sous la peau ne la piquait même pas. Si c’était la peine d’insister sur un sujet si ridicule, nous pourrions dire aussi que, dans la terrible agonie de honte dont doit être agitée une créature humaine soumise à une telle épreuve, le sangse reporte naturellement vers le cœur, et une légère blessure, comme la piqûre d’une épingle, peut avoir lieu sans en faire couler. Vers la fin du dixseptième siècle, cette pratique puérile, indécente et brutale, commença à recevoir le nom qui lui était dû. Fountainhall rapporte qu’en 1678 le conseil privé accueillit la plainte d’une pauvre femme qui avait été maltraitée par un magistrat de campagne et un de ces imposteurs nommés piqueurs. Il montra beaucoup de mécontentement contre les parties dont elle se plaignait, et traita le piqueur comme un vil charlatan (1). D’après cet exemple et plusieurs autres, il paraît que le penchant dominant à une croyance superstitieuse en la sorcellerie, et le zèle à persécuter ceux qui en étaient accusés en Écosse, s’accrut par suite du trop grand empressement des juges subalternes à intervenir dans des affaires qui, dans le fait, n’étaient pas de leur juridictiom. C’était la cour suprême de justice qui aurait dû exclusivement juger ce genre de causes. Mais, dans la pratique, chaque juge inférieur du pays, le plus petit bailli du plus misérable village, le plus pauvre et le plus ignorant baron, seigneur d’un canton incivilisé, prenait sur lui de faire arrêter, de mettre en prison et d’interroger les accusés, qui, comme nous l’avons déjà vu, souffraient, dans ces interrogatoires, les plus grossières injustices. La copie de ces interrogatoires, des aveux extorqués, et des dépositions de témoins récusables, était tout ce qu’on envoyait au conseil privé, qui devait ordonner les poursuites ultérieures. Ainsi personne n’était à l’abri de la malveillance ou de la folie d’une accusation diffamatoire, s’il se trouvait dans le district un juge timide ou superstitieux, quoique du dernier rang dans l’ordre judiciaire. Mais, en second lieu, l’usage du conseil privé, en pareil cas, était de nommer une commission composée de notables du district, et surtout des ministres, quoique leur éducation ne parût pas devoir les exempter de partager les préjugés populaires, et qu’ils fussent particulièrement susceptibles de se laisser prévenir contre l’accusé par les clameurs du voisinage. Or, comme on sait qu’une commission semblable ne pouvait être formée, en cas de meurtre, dans le comté où le crime avait été commis, on ne voit aucume raison valable · pour que le crime de sorcellerie, si propre à exciter les passions, n’ait pas été jugé uniformément par une cour dont les juges, par leur rang et leur condition, étaient à l’abri du

(1) Fountainhall, Recueil de Décisions, tom. 1, page 15. (Note de l’Auteur. )

asked seriously if a woman could be without knowing it. And it is dangerous for the simplest people of all to be tried for a crime that is the most mysterious of all. 3. These poor creatures, when they have lost their good reputation, are so much seized with fear, so tired of the solitary confinement they have suffered, so weakened for want of food, which would be enough to disturb the strongest reason, that people wiser and more sensible than they are could scarcely keep their common sense; and when one is disturbed by fear and apprehension, one imagines the most ridiculous and absurd things; what there were examples. 4 “Most of these poor creatures are tormented by those who keep them, and who imagining to do something agreeable to God, believe in their duty to vex and torment the poor prisoners with whom they are charged, as being rebellious against heaven and the enemies of men; and I know,ex certissimâ scientiâ,that most of those who were never arrested were tormented in this manner, and this was the cause of their confession. Moreover, these poor miscreants can not prove the torments they suffer, those who inflict on them by being the only witnesses; but the judge must beware of it, for it is the first cause which makes them confess, and the fear of being exposed again prevents them from retracting it. This learned author then quotes an example which proves that these unfortunate creatures could make up their minds to make a confession, by the very infamy with which he covered such an accusation, that nothing could erase, and which condemned them, for their whole life, to be subject to suspicion, and to remain in a state of misery and want; the situation that anyone who holds to his reputation would gladly exchange for a death that is only a matter of moments, no matter how painful it may be. “When I was a substitute judge, I once went to interrogate some women who had made judicial confessions, and one of them, a very limited creature, told me, under the secret,

that she did not confess because she was guilty but

because, being a poor woman who worked for a living, she knew that she would starve now, as being defamed as a witch, no one would want to give her any shelter or food, and therefore she wanted to go out of this world; on which she wept bitterly, knelt down, and took God to witness the truth of what she had just said: another told me that she feared that the devil would pretend to have rights over her, after that it had been said that she was at his service; that he did not haunt her, as the minister had told her to confess, and that was why she wished to die. And actually the ministers are sometimes indiscreet in their zeal to obtain confessions from these poor creatures, and I recommend to the judges to send them the wisest ministers, and to them to be very circumspect in this respect (1). As a corollary to this touching story, I will mention the case of an unfortunate woman who was in prison in Lander, along with other women accused ofwitchcraft.Her imprisoned companions were condemned to death, and by making confessions similar to theirs she had herself declared herself guilty. She therefore sent for the minister of the city, and asked to be put to death with the others, who were to be executed on the following Monday. The minister, however, as well as several others, was strongly persuaded that she had made her confession, in the pride of her heart, to be condemned to death, and that they should not be based on the truth. – We will give the rest of the story in the minister’s own words. “The ministers and others went to great trouble with her on Saturdays, Sundays, and Monday mornings, to persuade her to retract confessions that were suspected to be the result of a temptation of the devil for the loss of his body and soul. The ministers told him that they had good reason to fear that his confession would not be sincere, and

(1) Mackenzie Criminal Act , p. 45.

the Lord’s mother, to declare the truth, and not to shed his blood on his own head. She obstinately persisted in all that she had said, and continued to ask to be executed with the others. That is why on Monday morning, having been called before the judges, and having reiterated her confession, she was declared guilty, and sentenced to be executed the same day. Having been taken to the place of execution, she remained silent during the first, the second, and the third prayers, and seeing that there was no more left to say, and that she had only to go up to the stake, she arose, and cried out, High voice: “Now, all of you who see me here, know that I am going to die as a witch according to my own confession; I do not accuse anyone of my death, still less the ministers and the magistrates; let my blood fall on my head! But, as I must answer the God of heaven in a few moments, I declare that I am no more guilty ofwitchcraftthat the child who has just been born; but, having been denounced by a wicked woman, put in prison as a witch, disavowed by my husband and my parents, seeing no hope of getting out of prison or regaining my reputation, I made this admission, by the temptation of the devil, in order to lose a life that was my burden, and to which I prefer death. And so it was that she died. This lamentable story astonished all the spectators, none of whom could hold back his tears: and this may be a proof of the subtlety of Satan, whose aim is always to lose all men, some by bringing them to the presumption of others. inspiring them with despair. The truth of all these things is attested by a witness who has seen and heard them, who is still alive, and who is a faithful minister of the Gospel. It is strange that one does not seem to have drawn the conclusion that, since a woman, in despair, had voluntarily renounced life, it could have been the same with several others whose confessions had been the principal if not the only proof of their crime. A famous way to recognize witches, and to

(1) Sinclair, Discovery of the Invisible World of Satan, pag. 43. (Note from the Author )

to torture them at the same time in order to draw a confession, was to insert pins into their bodies to discover the marks or stigmata of the devil, which, it was said, he impressed upon all his vassals, and who were insensible to the pain . This kind of examination of the body of the accused, the practice of the infamous Hopkins, became a trade in Scotland, and the young witch-finder had the privilege of torturing the accused as a legal profession, though Sir George Mackensie Regrets this custom as a horrible imposture. I note, in the Collection of Mr. Pitcairnthat at the trial of Jeannette Peaston of Dalkeith the magistrates and ministers of that city sent for John Kincaid, of Tranent, an outrage hunter, to exercise his profession. “He found him two marks, which he declared in the devil’s way; and, as a matter of fact, they looked like it, for she did not feel the hairpin when it was thrust into the marks, and when they were removed from it, no drop of blood came out. And when asked where she thought the pins had been pushed, she pointed to a part of her body well away from the real place. These pins were three inches in length. Independently of the fact that there are sometimes places in the body of old people without sensibility, There is also reason to believe that the pricksters by profession used a pin whose point or lower end, when pressed against the body, returned to the upper part where there was a hollow for this purpose so that the part that seemed to penetrate under the skin did not sting her even. If it were worthwhile to insist on such a ridiculous subject, we could also say that in the terrible agony of shame that a human creature subjected to such a test must be agitated, the sacrum naturally carries over to the heart, and slight injury, such as the prick of a pin, can take place without casting it. Towards the end of the seventeenth century, this puerile, indecent and brutal practice began to receive the name that was due to it. Fountainhall reports that campaign and one of these impostors named stingers. He showed much discontent with the parties of which she complained, and treated the huntsman as a vile quack. According to this example and others, it appears that the ruling passion in a superstitious belief in the sorThe cellar, and the zeal to persecute those who were accused of it in Scotland, increased as a result of the over-eagerness of the junior judges to intervene in cases which, in fact, were not their jurisdiction. It was the supreme court of justice that should have exclusively judged these kinds of causes. But, in practice, every lower judge in the country, the smallest bailiff of the most miserable village, the poorest and the most ignorant baron, lord of an uncivilized canton, took it upon himself to arrest, put in prison, and to question the accused, who, as we have already seen, suffered in these interrogations the most gross injustice. The copying of these interrogations, the confessions extracted, and the testimony of recusable witnesses, was all that was sent to the Privy Council, who was to order subsequent prosecution. Thus no one was safe from the malice or folly of a defamatory accusation, if he were in the district a shy or superstitious judge, though of the lowest rank in the judiciary. But, secondly, the custom of the private council, in such a case, was to appoint a commission composed of notables of the district, and especially of the ministers, although their education would not seem to exempt them from sharing the popular prejudices, and they were particularly susceptible to being warned against the accused by the clamor of the neighborhood. Since it is known that a similar commission could not be formed in the case of murder in the county where the crime had been committed, there is no valid reason for the crime ofsorcery, so apt to excite the passions, was not uniformly judged by a court whose judges, by rank and condition, were protected from

(1) Fountainhall, Collection of Decisions, tom. 1, page 15. (Note from the Author. )

Histoire de la demonologie et de la sorcellerie: dédiée a J.-G. Lockhart (Google Books)

Procès en Écosse.—Le comte de Mar. — Lady Glammis. — William Barton.— Sorcières d’Auldearne. — Leurs rites et leurs charmes.— Leur métamorphose en lièvres. — Sévérité de Satan à leur égard. — Leurs crimes. — Opinion de sir George Mackenzie sur la sorcellerie. — Exemples d’aveux faits par des accusés par désespoir, et pour éviter la torture et la persécution. — Epreuve des épingles. — Le mode des procédures judiciaires contre les sorcières, et la nature des preuves admissibles, ouvraient la porte aux accusations, et ne laissaient aux accusés aucune chance de salut. — La superstition du clergé écossais, sous Jacques VI, le porta, comme ce monarque, à encourager les poursuites pour cause de sorcellerie.— Affaire de Bessie Graham. — Prétendue conspiration pour faire faire naufrage à Jacques pendant son voyage en Danemarck.-Réunion de sorcières, et rites qu’elles pratiquent pour accomplir leur projet. — Procès de Marguerite Barclay, en 1618. — Le major Weir. — Sir John Clerk, un des premiers qui refusèrent d’agir comme commissaires pour juger une sorcière. — Sorcières de Praisley et de Pittenweem. — Poursuite dans le comté de Caithness, empêchée par l’intervention de l’avocat du roi, en 1718. — Dernière sentence de mort pour cause de sorcellerie, prononcée en Écosse en 1722. — Restes de cette superstition. — Cas de sorcellerie supposée, rapporté d’après la propre connaissance de l’auteur, et qui eut lieu à époque aussi rapprochée que 18oo.

PENDANT bien des années, la nation écossaise se fit remarquer par sa croyance crédule en la sorcellerie, et ses annales fournissent maint exemple d’exécutions barbares qui eurent lieu en conséquence de cette fatale accusation. La connaissance que nous avons des fondations fragiles sur lesquelles Boëce et Buchanan ont élevé la première partie de leur histoire, nous porte à douter grandement qu’un roi nommé Duffar ait jamais régné en Ecosse, et encore plus que sa mort ait été occasionée par les opérations d’une bande de sorcières qui tourmentèrent une image qu’elles avaient faite pour le représenter, dans le dessein de lui ôter la vie. Dans l’histoire de Macbeth , qui est encore un ancien exemple de démonologie dans les annales d’Ecosse, les Parques, qui étaient les premières prophétesses, apparurent en songe à l’usurpateur; et elles sont décrites comme des vola, ou sibylles, plutôt que comme des sorcières, quoique Shakspeare leur ait imprimé ce dernier caractère d’une manière indélébile. Une des premières causes importantes et authentiques fondées sur la sorcellerie, fut, comme celle de la duchesse de Glocester et plusieurs autres en Angleterre, combinée avec une accusation d’une nature politique, qui, plutôt que la sorcellerie, décida du destin de l’accusé. Le comte de Mar, frère de Jacques III, roi d’Eeosse, fut soupçonné d’avoir consulté des sorciers et des sorcières sur le moyen d’abréger les jours du roi. D’après cette accusation, établie très-peu clairement, sans jugement mi condamnation, on ouvrit les veines du malheureux Mar dans sa propre demeure. Immédiatement après cette catastrophe, douze femmes d’un rang obscur et trois ou quatre sorciers, ou Warlocks, comme on les appelait, furent brûlés à Edimbourg, pour donner de la vraisemblance au crime dont le comte était accusé. En 1537, une noble dame fut victime d’une semblable accusation; — Jeannette Douglas, lady Glammis qui, avec son second mari et plusieurs autres, fut accusée d’avoir voulu faire périr Jacques par le poison, dans le dessein de relever la famille Douglas, dont le comte d’Angus, frère de lady Glammis était le chef. Elle mourut, objet de la compassion du peuple, qui semble avoir cru que l’accusation intentée eontre elle avait été imaginée pour lui ôter la vie, ses parens et son nom même étant odieux au roi. Avant l’exécution de cette dame, il paraît qu’il n’y eut que peu de condamnations à mort prononcées pour cause de sorcellerie, quoique le manque de registres des cours de justice nous laisse dans l’incertitude à cet égard. Mais à la fin du quinzième siècle, et au commencement du seizième, quand de semblables accusations devinrent générales dans toute l’Europe, des cas de cette nature se présentèrent fréquemment en Ecosse ; et, comme nous l’avons déjà dit, ils offrirent quelquefois un caractère particulier. A la vérité, il règne une certaine monotonie dans les histoires de ce genre. L’au

teur du mal détermine ordinairement ses vassaux à se vendre à lui à très-bas prix; et ayant communément affaire à des femmes, il leur fait faire de très-mauvais marchés. Au contraire, quand il lui plut de jouer le rôle de femme, dans un cas semblable, il donna à son galant, nommé William Barton, une fortume qui n’allait à rien moins que quinze livres ; ce qui, même en supposant que ce ne fût que quinze livres d’Ecosse “, était un présent très-libéral, comparé à sa conduite parcimonieuse à l’égard du beau sexe, en pareille occasion. Il me lui donna même pas de fausse monnaie ; au contraire, il fit généreusement présent d’un marc à Barton, pour qu’il pût conserver intégralement ses quinze livres. En faisant des remarques sur la conduite de Satan dans cette affaire, maître George Sinclair dit qu’il est heureux qu’il ne soit permis que rarement à l’ennemi du genre humain d’offrir de si grands moyens de séduction (15 livres d’Ecosse !), sans quoi il trouverait peu d’hommes et de femmes capables de résister à sa munificence. Je regarde cette réflexion comme une des plus sévères qu’ait pu suggérer la pauvreté de nos ancêtres. Dans un grand nombre de procès de sorcières, en Ecosse, la superstition du nord est d’accord avec celle de l’Angleterre sur la description du palais de Satan et des sabbats qu’il y célèbre. Mais les aveux de quelques sorcières s’écartent des répétitions monotones des autres, et y ajoutent quelques circonstances plus bizarres que celles qu’on y trouve en général. Ceux d’Isobel Gowdie, dont nous avons déjà parlé, sont extrêmement détaillés, et l’on peut en citer au moins quelques parties ; car ils contiennent d’autres passages qui ne sont nullement édifians. Les sorcières d’Auldearne, suivant cette femme repentante, étaient si nombreuses qu’elles étaient divisées en escouades ou covines *, comme on les ap

(1) La livre d’Écosse ne vaut qu’environ une livre tournois ou un franc, tandis que celle d’Angleterre en vaut quelque chose de plus que vingt-cinq. – TR. (2) Ce mot semble signifier une subdivision ou une escouade. L’arbre voisin de la façade d’un ancien château s’appelait l’arbre covine, probablement parce que le seigneur y recevait sa compagnie : « Il est seigneur de cor de chasse, et roi de l’arbre covine ; il est aimé dans les lacs de l’Occident,

mais il l’est surtout par sa propre mère. »
( Note de l’Auteur. )

pelait, et deux d’entre elles y remplissaient les fonctions d’officiers. Une de celles-ci était appelée la sille de la covine, et, comme la Nanie de Tam O’Shanter, c’était ordinairement une jolie fille que Satan plaçait près de lui, et pour qui il avait des attentions particulières, au grand dépit des vieilles sorcières, qui se trouvaient insultées par cette préférence. Quand elles étaient assemblées, elles ouvraient des tombeaux, en retiraient les cadavres, surtout ceux des enfans morts sans avoir été baptisés, et se servaient de leur chair et de leurs membres pour en faire des onguens et des baumes magiques. Quand elles voulaient s’approprier la récolte de quelque voisin, elles faisaient semblant d’en labourer le champ avec un attelage de crapauds. Ces misérables créatures tiraient la charrue, et le diable la conduisait lui-même. Les cordes de la charrue et les harnais étaient de chiendent; le soc ou le fer en était fait de la corne d’un animal châtré, et tous les membres de la covine assistaient à l’opération, priant le diable de leur transmettre tous les fruits du champ qu’ils parcouraient ainsi, et de ne laisser au propriétaire que des orties et des ronces. J’ai déjà parlé des divertissemens des sorcières et de leur artillerie. Elles entrèrent chez le comte de Murray lui-même, et dans les autres maisons qui n’étaient pas défendues contre elles par les veilles et les prières, et elles se régalèrent des provisions qu’elles y trouvèrent. Comme ces sorcières étaient les compatriotes des parques de Macbecth, le lecteur ne sera peut-être pas fâché d’avoir un échantillon de leurs charmes et des vers qui les accompagnaient, et qui ajoutaient à leur force. Elles avaient coutume de hacher la chair d’un enfant non baptisé, de la mêler à celle de chiens et de moutons, et de placer ce mélange dans la maison de ceux dont elles dévouaient le corps ou les biens à la destruction, disant en chantant :

« Nous mettons ceci dans cette maison au nom de notre seigneur le Diable. Puissent étre échaudées et brûlées les premières mains qui y toucheront ! Nous détruirons leurs habitations et leurs biens, avec les moutons et les bestiaux qui sont dans leurs étables ; et de tout le reste de leurs petites moissons, bien peu de chose entrera dans leurs greniers «

Les métamorphoses, suivant Isobel, étaient fort communes parmi ces sorcières, et elles prenaient en telles occasions les formes de corneilles, de chats, de lièvres et d’autres animaux. Isobel elle-même eut une mauvaise aventure sous la forme de lièvre. Sous ce déguisement favori, elle avait été envoyée par le diable à Auldearne, pour porter un message à ses voisines ; mais elle eut le malheur de rencontrer les domestiques de Pierre Papley de Killhill, qui se rendaient à leur travail, et qui avaient ses chiens avec eux. Les chiens poursuivirent la sorcière métamorphosée, « et je courus trèslong-temps, » dit Isobel ; « mais, étant serrée de très-près, je fus obligée de me réfugier dans ma propre maison, dont la porte était ouverte, et je me cachai derrière une caisse.» Mais les chiens arrivèrent ; ils passèrent de l’autre côté de la caisse, et Isobel ne leur échappa qu’en s’enfuyant dans une autre maison, où elle trouva un instant pour prononcer les vers qui devaient lui rendre sa véritable forme.

Trial in Scotland.-Count de Mar. – Lady Glammis. – William Barton.- Witches of Auldearne. – Their rites and charms.- Their metamorphosis into hares. – Severity of Satan towards them. – Their crimes. – Sir George Mackenzie’s Opinion on Witchcraft. – Examples of confessions made by defendants in despair, and to avoid torture and persecution. – Proof of pins. – The mode of the witch-court proceedings, and the nature of the admissible evidence, opened the door to the charges, and left the accused no chance of salvation. The superstition of the Scottish clergy, under James VI, carried him, like this monarch, to encourage prosecution for witchcraft.Case of Bessie Graham. – The alleged conspiracy to shipwreck Jacques during his trip to Danemarck.-Meeting of witches, and rites they practice to accomplish their project. – Trial of Marguerite Barclay, in 1618. – Major Weir. – Sir John Clerk, one of the first who refused to act as commissioners to judge a witch. – Witches of Praisley and Pittenweem. – Pursuit in Caithness County, prevented by the intervention of the king’s advocate , in 1718. – Last sentence of death for witchcraft, pronounced in Scotland in 1722. – Remains of this superstition. – Case of supposed sorcery , reported from the author’s own knowledge, and which took place at as close a period as 18oo.

For many years, the Scottish nation was noted for its credulous belief in witchcraft, and its annals provide many examples of barbarous executions as a result of this fatal accusation. The knowledge we have of the fragile foundations on which Boëce and Buchanan have raised the first part of their history, makes us doubt very much that a king named Duffar has ever reigned in Scotland, and even more so that his death was occasioned by the operations of a band of witches who tormented an image they had made to represent him, with the intention of taking away his life. In the story of Macbeth, who is still an old example ofmonology in the annals of Scotland, the Fates, who were the first prophetesses, appeared in a dream to the usurper; and they are described as vola, or sibyl, rather than as witches, though Shakspeare impressed them indelibly. One of the first important and genuine reasons based on witchcraft, was, like the Duchess of Gloucester and many others in England, combined with an accusation of a political nature, which, rather than sorcellerie, decided the fate of the accused. Count de Mar, brother of James III, king of Eosse, was suspected of having consulted sorcerers and witches on the means of shortening the days of the king. According to this accusation, established very unclearly, without judgment or condemnation, the veins of the unfortunate Mar were opened in his own home. Immediately after this disaster, twelve women of an obscure rank and three or four wizards, or Warlocks,as they were called, were burned at Edinburgh, to give credibility to the crime of which the count was accused. In 1537 a noble lady was the victim of such a charge; – Jeannette Douglas, Lady Glammis who, with her second husband and several others, was accused of having wanted to kill Jacques by poison, with the intention of raising the Douglas family, of which the Earl of Angus, brother of Lady Glammis was leader. She died, the object of the compassion of the people, who seems to have believed that the accusation against her had been imagined to take away her life, her relations and her very name being odious to the king. Before the execution of this lady, it appears that there were few death sentences because of sorcellery, although the lack of court records leaves us uncertain about this. But at the end of the fifteenth century, and at the beginning of the sixteenth, when similar accusations became general throughout Europe, cases of this nature frequently appeared in Scotland; and, as we have already said, they sometimes offered a peculiar character. In truth, there is a certain monotony in stories of this kind. the in

he usually determines his vassals to sell himself to him at a very low price; and having common business with women, he makes them very bad markets. On the contrary, when it pleased him to play the part of a woman, in a similar case, he gave to his gallant, named William Barton, a fortume which amounted to nothing less than fifteen livres; which, even supposing that it was only fifteen pounds of Scotland, was a very liberal present, compared to his parsimonious conduct with regard to the fair sex, on such an occasion, and he even gave me no false on the contrary, he generously presented Barton with a marc so that he could keep his fifteen books in full.With remarks on the conduct of Satan in this affair, Master George Sinclair said he was happy that ‘ it is only rarely allowed to the enemy of the human race to offer such great means of seduction (15 pounds of Scotland!), otherwise he would find few men and women capable of resisting his munificence. I regard this reflection as one of the most severe that may have been suggested by the poverty of our ancestors. In a great number of witch trials, in Scotland, superstition in the north agrees with that of England on the description of Satan’s palace and the Sabbaths there celebrated. But the confessions of some witches depart from the monotonous repetitions of others, and add to it some circumstances more bizarre than those generally found there. Those of Isobel Gowdie, of whom we have already spoken, are extremely detailed, and we can quote at least some parts; because they contain other passages that are not edifians. The witches of Auldearne, following this repentant woman, were so numerous that they were divided into squads orcovines *, as they are called

(1) The pound of Scotland is worth only about one pound or one franc, while that of England is worth more than twenty-five. – TR. (2) This word seems to mean a subdivision or squad. The tree next to the facade of an ancient castle was called the covine tree , probably because the lord received his company there: “He is lord of hunting horn, and king of the covine tree; he is loved in the lakes of the West,

but it is especially so by his own mother. ”
( Note from the Author. )

and two of them served as officers. One of them was called the sille of the covine,and, like Tam O’Shanter’s Nanie, it was usually a pretty girl whom Satan placed near him, and for whom he had particular attentions, to the great spite of the old witches, who were insulted by this preference. When they were assembled, they opened tombs, removed corpses, especially those of children who had died without having been baptized, and used their flesh and limbs to make them magic ointments and balms. When they wanted to appropriate the harvest of some neighbor, they pretended to plow the field with a team of toads. These miserable creatures were pulling the plow, and the devil was driving it himself. The ropes of the plow and the harnesses were of quackgrass; the soc or the iron was made of the horn ofcovinewere present at the operation, begging the devil to transmit to them all the fruits of the field which they traversed thus, and to leave to the proprietor only nettles and brambles. I have already spoken of the entertainments of witches and their artillery. They entered the house of the Earl of Murray himself, and the other houses, which were not defended against them by the vigils and prayers, and they feasted on the provisions they found there. As these witches were the compatriots of Macbecth’s parks, the reader may not be sorry to have a sample of their charms and the verses that accompanied them, and which added to their strength. They used to chop the flesh of an unbaptised child, to mix it with that of dogs and sheep,

“We put this in this house in the name of our Lord the Devil. May the first hands that touch it be scalded and burned! We will destroy their homes and their possessions, with the sheep and cattle that are in their stables; and all the rest of their little harvests, very little will come into their granaries

Metamorphoses, following Isobel, were very common among these witches, and on such occasions they took the form of crows, cats, hares, and other animals. Isobel herself had a bad adventure in the form of a hare. Under this favorite disguise, she had been sent by the devil to Auldearne, to carry a message to her neighbors; but she had the misfortune to meet the servants of Peter Papley of Killhill, who went to their work, and who had his dogs with them. The dogs pursued the metamorphosed witch, “and I ran very long,” says Isobel; “But, being closely squeezed, I was obliged to take refuge in my own house, whose door was open, and I hid behind a box.” But the dogs arrived; they passed on the other side of the box,